Photograph of psychoanalyst Horacio Etchegoyen

Horacio Etchegoyen

Ses débuts psychanalytiques

Ricardo Horacio Etchegoyen (1919-2016), connu sous le nom de « Horacio Etchegoyen », est né à Buenos Aires. Fils de médecin, il n’a jamais connu son père mort alors qu’il n’avait que sept mois. Etchegoyen avait initialement l’intention de poursuivre une carrière en droit, comme son parrain, mais, en partie influencé par les études de médecine de son frère, il a rapidement envisagé de devenir médecin. Il a ensuite préparé un diplôme de médecine à partir de 1938, à l’Université de La Plata, près de Buenos Aires.

Lors de ses études, Etchegoyen ressentit une fascination pour la psychiatrie et décida de se spécialiser dans ce domaine. De cet intérêt pour la psychiatrie découla celui pour la psychanalyse et sa rencontre avec l’Association psychanalytique argentine (APA), récemment créée. Enrique Pichon Rivière, son président, devint son premier professeur de psychanalyse. Etchegoyen effectua sa première analyse personnelle avec Lucio Raskovsky, mais cette analyse ne s’avéra pas très profitable et prit fin au bout d’un an. Il entreprit ensuite une analyse avec le psychanalyste argentin d’origine polonaise Heinrich Racker. Cette relation analytique beaucoup plus fructueuse dura sept ans (1950-1957) et continua à influencer le travail et les idées d’Etchegoyen tout au long de sa vie. Selon ses propres mots : « Racker fut la figure centrale dans ma formation psychanalytique. »

(En espagnole avec sous-titres en anglais)

L’influence de Melanie Klein

De son propre aveu, Etchegoyen a commencé sa carrière psychanalytique comme un freudien dévoué. Cependant, à mesure qu’il commençait à lire l’œuvre de Klein, il devint de plus en plus influencé par ses théories, en particulier sa conception de l’envie. Il commença à enseigner le travail de Klein en tant que professeur de psychiatrie à l’université de Cuyo à Mendoza, où il travailla de 1957 à 1965. C’est là qu’il fonda ce qui est maintenant la Société psychanalytique de Mendoza. Il en était venu à croire que Klein était « en fait la figure clé de la psychanalyse ». La théorie kleinienne de l’envie a été particulièrement importante dans la formulation des propres idées d’Etchegoyen concernant la théorie et la technique.

Une année à Londres

Bien qu’il fut apprécié et respecté par ses collègues et étudiants à Mendoza, Etchegoyen fut finalement écarté de son poste de professeur de psychiatrie par l’ordre universitaire. Très religieux, conservateur et réactionnaire, cet ordre universitaire ne goûtait guère sa politique libérale et ses travaux psychanalytiques. L’année suivante, en 1966, Etchegoyen reçut une bourse pour mener des recherches au centre Tavistock à Londres. Cette bourse lui avait été accordée par l’Organisation mondiale de la santé alors très impressionnée par son travail en psychiatrie et en psychanalyse.

Etchegoyen se rendit à Londres avec sa femme Elida et leurs deux plus jeunes enfants. Il passa alors une année fort productive et intéressante en analyse avec Donald Meltzer.  Il se retrouva impliqué dans un groupe de kleiniens éminents : Betty Joseph, Hanna Segal, Herbert Rosenfeld, Esther Bick et Roger Money-Kyrle. Etchegoyen était plus que jamais influencé par les théories de Klein (bien que déçu par les factions et rivalités que les kleiniens de Londres entretenaient encore envers les annafreudiens). Etchegoyen considérait Money-Kyrle, en particulier, comme l’une des personnes ayant eu le plus d’influence sur sa vie. Il retourna en Argentine après cette année londonienne et rejoint l’Association psychiatrique argentine auprès de laquelle il dispensa une formation aux étudiants en thèse pendant de nombreuses années.

Les dernières années

En 1993, Etchegoyen a été élu président de l’Association psychanalytique internationale (API), le premier analyste latino-américain à occuper ce poste. Il est considéré comme l’un des penseurs psychanalytiques les plus importants à avoir émergé d’Amérique latine. Son influence sur la psychanalyse latino-américaine et dans le monde entier a été considérable. Il a continué de recevoir des patients, d’écrire des articles, et de se rendre à colloques jusqu’en 2008. Il est mort à Buenos Aires, entouré de sa famille et de ses amis proches, à l’âge de 97 ans.

Eleanor Sawbridge Burton, 2015 (mis à jour en 2016)


Référence bibliographique

2002 Etchegoyen, R. H. Fondements de la technique psychanalytique.Paris : Hermann.