Photograph of psychoanalyst Dr Leslie Sohn

Leslie Sohn

Leslie Sohn (1919-2013) est né au Cap. Benjamin de trois enfants après deux filles sensiblement plus âgées que lui, il fréquenta l’école publique locale puis étudia la médecine à l’université du Cap. Sa nomination comme médecin de garde dans le département de psychiatrie de l’hôpital universitaire suscita chez lui un intérêt profond et très clair pour ce domaine. Leslie Sohn termina son internat à Durban et attendit la fin de la guerre pour venir se spécialiser en psychiatrie au Royaume Uni.

(Vidéo en anglais)

Formation psychanalytique

Le Dr Sohn fut ravi d’être nommé médecin de garde auprès d’Aubrey Lewis au Maudsley Hospital. Lors de la création du Service National de Santé britannique (NHS) en 1948, il devint chef de service adjoint puis chef de service. Le mot « psychanalyse » ne faisait pas encore partie de son vocabulaire. Au Maudsley Hospital, il eut la chance d’exercer son activité clinique sous la direction de Clifford Scott et de William Gillespie qui éveillèrent son intérêt pour la psychanalyse. Ils l’encouragèrent à poser sa candidature à l’Institut de Psychanalyse où il fut accepté et supervisé par Marion Milner et Hanna Segal. Il fut qualifié en 1952. Lors de sa formation, il eut parmi ses pairs Sydney Klein et Isabel Menzies Lyth dont il resta l’ami pendant plusieurs décennies. Ils continuèrent à se rencontrer régulièrement lors de séminaires de troisième cycle, y compris pendant 12 ans au séminaire de RosenfeldSydney Klein et Leslie Sohn faisaient régulièrement des présentations. Il en fut de même au séminaire d’Hanna Segal pendant de nombreuses années.

Pendant toutes ces années, le Dr Sohn continua à travailler au Maudsley Hospital. Après sa qualification en tant que psychanalyste, il commença à développer une pratique libérale. Il acheva également de se former à la psychanalyse d’enfants, ce qui lui parut difficile car il avait le même superviseur pour les deux domaines de sa formation et, dit-il, « Je ne peux pas dire que nous nous entendions bien. »

La compréhension des comportements violents

Le Dr Sohn occupa son poste de psychiatre consultant au Maudsley Hospital de 1952 à 1995. Il fut ensuite nommé psychiatre consultant à l’hôpital de haute sécurité de Broadmoor où il travailla jusqu’en 2010. En d’autres termes, il fut employé par le Service National de Santé britannique (NHS) sans interruption pendant 62 ans (1948-2010).

Pendant toutes ces années, le Dr Sohn a évalué et traité des centaines de patients, supervisé et inspiré des centaines de jeunes praticiens venant de la médecine ou d’autres disciplines. Il a excellé comme clinicien comme en tant qu’enseignant. Son affectation à la Medium Security Unit (unité de sécurité) du Bethlem Royal Hospital (Dennis Hill Unit) a révolutionné la manière de penser et de comprendre les comportements violents chez les agresseurs souffrant de troubles mentaux et plus particulièrement de troubles psychotiques. Son article ’Unprovoked Assaults’ [Les agressions immotivées] a eu une influence particulièrement importante pour permettre de comprendre les agressions apparemment inexplicables, soudaines et souvent bizarres perpétrées par les malades mentaux, en indiquant qu’il y avait eu en fait provocation, même s’il s’agissait d’une provocation psychique complexe liée à des événements passés traumatiques, la victime de l’agression devenant un réceptacle extérieur adéquat pour les projections extrêmes agies corporellement dans l’acte violent.

Leslie Sohn appréciait particulièrement de travailler avec des collègues de psychiatrie légale, comme le Dr James McKeith, le professeur John Gunn et le professeur Pamela Taylor. Il agit en pionnier pour développer une forme particulièrement pointue d’évaluation entre collègues pour les cliniciens de santé mentale légale de tous niveaux d’expérience. Il a publié plusieurs articles dans l’International Journal of Psychoanalysis. L’un de ses développements théoriques les plus intéressants et les plus utiles a été d’identifier une partie folle du surmoi du patient psychotique qui envie ce qui se passe entre le patient et l’analyste et s’efforce régulièrement d’ « attaquer » le processus thérapeutique. Ses rappels répétés aux cliniciens oeuvrant dans des contextes de psychiatrie légale sur la nécessité constante d’être à l’affût de « collusions avec les illusions de bonne santé mentale » ont eu un impact majeur sur la formation des cliniciens de différentes disciplines et amélioré les soins prodigués aux patients dans ces environnements où existe une forte tendance à générer de telles collusions. Cela a eu aussi des répercussions sur l’évaluation des risques et la gestion de patients qui avaient été violents par le passé.

Les dernières années

Le Docteur Sohn a continué à travailler en libéral et à superviser des cliniciens travaillant pour le Service National de Santé britannique (NHS) ou en libéral. Il animait conjointement un séminaire de psychanalyse légale mensuel pour les cliniciens à l’Institut de Psychanalyse. Un recueil de ses articles est en préparation en vue d’une publication.

Le Docteur Sohn a eu quatre enfants avec sa femme Myra qui est décédée en 1995. C’était un homme très attaché à sa famille qui aimait passer son temps libre avec ses quatre enfants, ses neuf petits-enfants et ses cinq arrière-petits-enfants. Il est mort en 2013 à l’âge de 93 ans.

Carine Minne, 2012

Photographie: Matthias von der Tann


Principales publications

1985 Sohn, L. ‘Anorexic and Bulimic States of Mind in the Psycho-Analytic Treatment of Anorexic/Bulimic Patients and Psychotic Patients’. Psychoanalytic Psychotherapy, 1(2):49-56.

1985 Sohn, L. ‘Narcissistic Organization, Projective Identification, and the Formation of the Identificate’. International Journal of Psycho-Analysis, 66:201-213.

1995 Sohn, L. ‘Unprovoked Assaults – Making Sense Of Apparently Random Violence’. International Journal of Psycho-Analysis, 76:565-575.