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Irma Brenman Pick

Irma Brenman Pick est membre éminente, analyste didacticienne, superviseuse et ancienne présidente de la Société britannique de psychanalyse. Elle est née en Afrique du Sud où elle a grandi. Elle y a obtenu un diplôme avec mention de la Faculté des sciences sociales de l’Université du Witwatersrand à Johannesburg, où elle a brièvement participé à la vie politique étudiante progressiste. Ses premiers travaux universitaires furent couronnés par le titre prestigieux de « meilleure étudiante de l’année ».

C’était l’époque où le gouvernement de l’apartheid resserrait de plus en plus son emprise sur le pays et, en 1955, elle se rendit à Londres avec son mari, le Dr Abe Pick, pour se former à la psychanalyse. Il mourut six ans plus tard, peu de temps après avoir terminé sa formation et seulement un an après la naissance de leur fils.

En 1975, elle épousa le Dr Eric Brenman (décédé en 2012), lui aussi membre éminent, analyste didacticien, superviseur et ancien président de la Société britannique de psychanalyse et auteur de The Recovery of the Lost Good Object [La récupération du bon objet perdu] (2006). Ils s’influencèrent mutuellement en tant que psychanalystes et leur collaboration professionnelle les amena à enseigner dans de nombreux pays dont l’Australie, le Brésil, l’Allemagne, l’Italie, l’Inde, Israël et les pays scandinaves, mais aussi Los Angeles New York et Seattle.

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Sa formation à la Tavistock et à l’Institut de Psychanalyse

En 1956 Brenman Pick se rendit à la Tavistock Clinic pour se former à la psychothérapie d’enfants. « Quand j’y suis arrivée, dit-elle, il était encore surprenant pour beaucoup de gens de penser qu’un bébé pouvait réellement établir une relation avec sa mère ». La Tavistock était au défi d’explorer ce nouveau territoire et la notion que le fantasme inconscient est à l’œuvre en permanence. Irma Brenman Pick s’est retrouvée plongée dans un monde où se forgeaient les idées sur l’inconscient des nourrissons, que nous tenons maintenant pour acquises. Intellectuellement et culturellement, c’était une scène très différente de celle qu’elle avait laissée derrière elle, et elle s’en délectait.

Après la fin de sa formation de psychothérapeute à la Tavistock en 1960, elle se forma à la psychanalyse d’enfants et d’adultes à l’Institut de Psychanalyse. Son analyste était le Dr Hans Thorner, dont la gentillesse et la compassion, surtout après la mort de son premier mari, l’ont profondément marquée. La capacité de Brenman Pick à comprendre les luttes des patients et à éprouver de la compassion pour eux représente un trait marquant de son approche en tant qu’analyste.

Son impressionnante liste de superviseurs a clairement joué un rôle dans l’affinement de ses compétences. Parmi eux figurent, pendant et après sa formation à la Tavistock et à l’Institut de Psychanalyse : Esther Bick, Wilfred Bion, Paula Heimann, Betty Joseph, Isabel Menzies Lyth, Herbert Rosenfeld et Hanna Segal. Ils lui ont inculqué une façon rigoureuse de travailler avec les aspects des expériences précoces du patient qui sont à l’œuvre dans l’ici et maintenant du transfert et du contre-transfert.

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L’accent sur le contre-transfert

Irma Brenman Pick est une psychanalyste connue parmi ses collègues pour sa fine intuition clinique, son élaboration claire, vivante et originale du matériel clinique et pour son engagement profond, à plusieurs niveaux, et nuancé avec les patients.

Bien qu’elle ait été influencée par ses superviseurs, il est également évident qu’elle a fait avancer les choses à sa façon. Par exemple, elle a le don de reconnaître dans le matériel des patients profondément perturbés, des modes de relation très archaïques avec l’analyste, et elle a une façon caractéristique de décrire ce qui est en train de se passer en utilisant le langage des interactions humaines ordinaires qui rend ses formulations claires et facilement accessibles.

Depuis de nombreuses années, elle anime un séminaire clinique pour les analystes formés. Les membres du séminaire apprécient son habileté à se mettre à la place des patients et à envisager comment ceux-ci perçoivent les efforts de l’analyste pour travailler avec eux et les atteindre. C’est ce qui ressort très clairement de son article le plus connu « Working through in the countertransference » [Perlaboration du contre-transfert] (1985), où elle souligne la nécessité pour l’analyste, non seulement de recevoir les projections, mais aussi de faire son propre travail psychique interne, et d’examiner comment les projections du patient interagissent avec son propre monde interne. Cette tâche est nécessairement complexe, mais sans elle, croit-elle, les analystes risquent de commenter de façon mécanique les processus projectifs et introjectifs. L’amour de l’analyste pour son travail et sa sollicitude envers le patient peuvent s’exprimer dans ce processus.

Pour Brenman Pick, cet accent particulier sur le contre-transfert permet une réponse plus profonde au besoin réel du patient de se sentir compris. Une fois ce processus amorcé, il devient possible d’explorer si le patient perçoit cette sollicitude chez l’analyste et comment. Elle insiste souvent sur la nécessité de tenir le patient à deux mains, et de reconnaître à la fois sa vulnérabilité et sa destructivité.

Sa contribution à la profession psychanalytique

Brenman Pick a servi la psychanalyse à plusieurs titres. Au sein de la Société britannique de psychanalyse, elle est une analyste didacticienne et une superviseuse recherchée depuis plusieurs décennies ; elle a siégé à divers comités, notamment à titre de présidente des Student Progress and Education Committees et du Committee on Psychoanalytic Education de l’International Psychoanalytical Association. Elle est également enseignante et dirige des séminaires, y compris des séminaires de troisième cycle permanents. Au fil des ans, elle a publié et présenté un certain nombre d’articles, dont plusieurs sont riches en détails cliniques – par exemple ses discussions sur la complexité de l’adolescence. Un recueil de ses articles est actuellement en préparation.

Fakhry Davids, 2014


Principales publications

1967  Pick, I. ‘On stealing: Clinical notes on three adolescent boys’ [Voler : notes cliniques sur trois adolescents de sexe masculin]. Journal of Child Psychotherapy. 2:67-79.

1985  Pick, I.B. ‘Breakdown in communication: On finding the child in the analysis of an adult’ [Un effondrement de la communication : retrouver l’enfant dans l’analyse d’un adulte]. Psychoanalytic Psychothererapy. 1:57-62.

1985  Pick, I.B. ‘Male sexuality: A clinical study of forces that impede development’ [Sexualité masculine : une étude clinique des forces qui entravent le développement]. International Journal of Psychoanalysis. 66:415-422.

1985 Pick, I.B. ‘Working through in the countertransference’ [Perlaboration du contre-transfert]. International Journal of Psychoanalysis. 66:157-166.

1988  Pick, I.B. ‘Adolescence: its impact on patient and analyst’ [L’adolescence : son impact sur le patient et l’analyste]. International Review of Psychoanalysis. 15:187-194.

1989  Pick, I.B. ‘Perlaboration du contre-transfert’. Revue Belge de Psychanalyse. 14:63-78.

1992  Pick, I.B. ‘The emergence of early object relations in the psychoanalytic setting’ [L’émergence des premières relations d’objet dans le cadre psychanalytique]. In Anderson, R. (ed). Clinical Lectures in Klein and Bion [La Clinique selon Melanie Klein et Bion].  New Library of Psychoanalysis, 14. London: Routledge (pp 24-33).

1995  Pick, I.B. ‘Analysing real issues in the analysand’s life’ [Analyser les vrais problèmes de la vie de l’analysant]. Scandanavian Psychoanalytic Review. 18:131-145.

1995  Pick, I.B. ‘Concern: spurious or real?‘ [Préoccupation : fausse ou réelle ?]. International Journals of Psychoanalysis. 76:257-270.

2018 Pick, I.B. (Eds. Davids, M.F. and Shavit, N.) Authenticity in the Analytic Encounter: The Work of Irma Brenman Pick [L’authenticité dans la rencontre analytique : l’oeuvre d’Irma Brenman Pick]. London. Routledge.