L’identification projective

L’identification projective est un fantasme inconscient dans lequel des aspects du self ou d’un objet interne sont clivés et attribués à un objet externe.

Les aspects projetés peuvent être ressentis par celui qui projette comme bons ou mauvais. Les fantasmes projectifs peuvent être accompagnés ou non d’un comportement significatif qui a pour intention inconsciente d’inciter celui qui reçoit la projection à ressentir et agir conformément au fantasme projectif.

Les fantasmes liés à l’identification projective sont parfois éprouvés comme des conduites visant aussi bien à acquérir quelque chose de l’autre qu’à attribuer quelque chose à l’autre, ce qui signifie que le fantasme implique non seulement de se débarrasser d’aspects de son propre psychisme, mais aussi d’entrer dans l’esprit de l’autre de manière à acquérir les aspects désirés de son psychisme. Dans ce cas, les fantasmes projectifs et introjectifs opèrent simultanément.

Il y a chez certain Kleiniens britanniques l’hypothèse tacite que « projection » et « identification projective » signifient la même chose et que « l’identification projective » représente un enrichissement ou une extension du concept de « projection » de Freud.


Articles de référence

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Klein, M. (1946, 1952)

1946 ‘Notes on some schizoid mechanisms’ [Notes sur quelques mécanismes schizoïdes]Propose une définition de l’identification projective, mais le terme lui-même n’est mentionné que fugitivement, deux pages après la définition.

1952 ‘Notes on some schizoid mechanisms’ [Notes sur quelques mécanismes schizoïdes] Développements de la Psychanalyse, Paris, PUF, 1966.
Cette version de 1952 donne la même définition que la version de 1946, mais elle ajoute une phrase décisive : « Je suggère pour ces processus le terme d’identification projective. »

Rosenfeld, H. (1947, 1964, 1971)

1947 ‘Analysis of a schizophrenic state with depersonalization’ [Analyse d’un état schizophrénique accompagné de dépersonnalisation] International Journal of Psychoanalysis. 28: 130-139; publié à nouveau dans Psychotic States. Hogarth Press (1965), Etats psychotiques, Paris, PUF, 1976. Première publication d’une description de l’identification projective dans un cas clinique particulier.

1964 ‘On the psychopathology of narcissism: a clinical approach’ [A propos de la psychopathologie du narcissisme : une approche clinique] International Journal of Psychoanalysis.45: 332-337; publié à nouveau dans Psychotic States. Hogarth Press (1965), Etats psychotiques, Paris, PUF, 1976. Dans les états narcissiques l’identification peut se former par introjection et par projection.

1971 ‘Contribution to the psychopathology of psychotic states: The importance of projective identification in the ego structure and the object relations of the patient.’ [Contribution à la psychopathologie des états psychotiques : l’importance de l’identification projective dans la structure du moi du patient et ses relations d’objet] P. Doucet et C. Laurin (eds) Problems of Psychosis [Problèmes de la psychose]. Amsterdam: Excerpta Medica; publié à nouveau dans E. Spillius (ed.) Melanie Klein Today, Vol 1 [Melanie Klein aujourd’hui, vol. 1] Routledge (1988). Les raisons de l’identification projective.

Bion, W. R. (1959, 1962)

1959 ‘Attacks on linking’ [Attaques contre les liens] International Journal of Psychoanalysis. 40: 308-315; Nouvelle revue de psychanalyse, n° 25, 1982, p. 285-298 ; publié à nouveau dans Second Thoughts. Heinemann (1967), Réflexion faite, Paris, PUF, 1983 ; et dans E. Spillius (ed.) Melanie Klein Today, Vol 1 [Melanie Klein aujourd’hui, Vol 1]. Routledge (1988). Différencie l’identification projective normale et pathologique.

1962 Learning from Experience. Heinemann (1962), Aux sources de l’expérience, Paris, PUF, 1979. Introduit le modèle de pensée « contenant-contenu » dont l’identification projective du patient constitue un aspect important.

Autres

1988 Joseph, B. ‘Projective identification: Clinical aspects’ [L’identification projective: aspects cliniques] E. Spillius (ed.) Melanie Klein Today, Vol 1 [Melanie Klein aujourd’hui, Vol 1]. Routledge (1988). Publié à nouveau dans  J. Sandler (ed.) Projection, Identification, Projective Identification. Karnac (1988), pp. 65-76,[Projection, identification, identification projective]. Paris, PUF, 1991, p. 99-115 ; et dans Psychic Equilibrium and Psychic Change [Equilibre psychique et changement psychique]. Routledge (1989). Description clinique claire de l’identification projective chez trois patients.

2004 Sodré, I. ‘Who’s who? Notes on pathological identifications’ [Qui est qui ? Notes sur les identifications pathologiques]. E. Hargreaves and A. Varchevker (eds.). In Pursuit of Psychic Change[A la recherche du changement psychique]. Routledge (2004). La normalité ou la pathologie dépendent du fait que la pensée est concrète ou symbolique, et non du fait que l’identification est introjective ou projective.